Maquillage : plaisir ou contrainte ?

Maquillage : plaisir ou contrainte ?

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Le maquillage accompagne la plupart des femmes au quotidien. Nous avons appris au fil du temps à l’utiliser au mieux pour cacher nos petits défauts et mettre en valeur nos atouts. C’est un regard charbonneux pour les unes, un joli rouge carmin pour les autres. Mais pourquoi ce rituel ? Nous verrons que le maquillage existe depuis la nuit des temps et que s’il revêt aujourd’hui, à l’heure des selfies et des réseaux sociaux, où il fait bon d’être « instagrammable » une importance toute particulière, il est aussi largement remis en question, surtout depuis le confinement !

 

Le maquillage : un geste ancestral

Le maquillage est apparu très tôt, dès la préhistoire. Nos ancêtres utilisaient en effet des pigments naturels pour s’enduire le visage et le corps, ceci à des fins variées : comme signe d’appartenance à une tribu, lors de rites sacrés, pour se protéger du soleil ou encore effrayer d’éventuels prédateurs. Les égyptiens sont les premiers à utiliser clairement le maquillage pour s’embellir mais aussi prévenir d’éventuelles infections. Le fameux khôl par exemple, fabriqué à base de plantes médicinales, et qui soulignait si bien le regard de Cléopâtre, permettait d’accentuer la forme en amandes des yeux, mais aussi de les protéger du vent et du sable. Depuis cette époque et jusqu’à la fin du XVIII e siècle, le teint d’albâtre sera privilégié, et les femmes – comme les hommes un temps - n’hésiteront pas à utiliser la céruse, mélange de plomb et de mercure pour éclaircir leur peau. A noter une petite originalité : l’utilisation au XVI e siècle de petites mouches en tissu pour cacher des marques de variole. Le premier colorant de synthèse sera découvert en 1856. A partir de années 1920, le cinéma rend le maquillage populaire ; il devient le symbole de la liberté de la femme. Mais c’est dans les années 1960-70 qu’il connait son apogée et relève souvent de l’ordre du diktat. Les femmes arrivent rarement au travail sans leur set de maquillage dans leur sac à main - vernis à ongles inclus - pour pouvoir faire les retouches nécessaires ! On note une évolution depuis les années ‘90. C’est surtout le naturel que l’on recherche. La tendance est au maquillage « nude » - bel oxymore -, qui demande pourtant beaucoup de travail pour arriver au résultat escompté !

 

Pourquoi se maquille-t-on ?

Le premier pas vers le maquillage se fait souvent à l’adolescence : c’est une sorte de rite initiatique pour affirmer sa féminité. Mais pourquoi ce geste ? Le maquillage peut être tout simplement fonctionnel : il sert alors à cacher une cicatrice, de l’acné, ou de la rosacée par exemple.  Il fait souvent partie de nos rituels quotidiens : comme on se douche ou on se brosse les dents. C’est une façon d’être active et de prendre soin de soi. Se maquiller peut d’ailleurs s’apparenter à un jeu, c’est ludique et divertissant. Cela permet de montrer différents aspects de sa personnalité. On peut être maman poule le samedi et sortir le grand jeu le soir à l’occasion d’une fête en optant pour les paillettes ! Se farder est bien entendu aussi associé à la séduction. Se faire belle pour un rendez-vous passe souvent par l’étape maquillage. Il nous donne confiance en nous. Enfin, nous pouvons l’envisager comme un marqueur social. C’est une façon de maitriser son image et de se glisser dans la peau de sa fonction : une vendeuse aura intérêt à se maquiller tandis qu’une autre exerçant un métier soi-disant masculin aura tendance à rester naturelle, pour « se fondre dans le décor ». Comme le souligne l’ancienne mannequin devenue psychanalyste et auteure Marie-Louise Pierson, se maquiller est une façon d’affronter « un univers social hostile ». « Il est parfois plus facile de se confronter à une réunion avec un boss grincheux, des collègues rapaces et des clients peu aimables avec une forme de masque. On se sent plus protégées, moins vulnérables » affirme-t-elle.

 

Un rituel en pleine mutation…

 Même si les tutos maquillage sur Internet et les représentations photoshopées et bien entendu fardées font florès, la tendance depuis plusieurs années et spécialement depuis le premier confinement est au « no make up ». Cela rejoint d’autres expressions d’émancipations, comme ne plus s’épiler ou se teindre les cheveux. Un sondage IFOP de juillet dernier révèle que les françaises sont deux fois moins nombreuses qu’il y trois ans à se maquiller quotidiennement (21% contre 42%). Cela s’explique par la pratique du télétravail et par le port du masque. Hormis ce contexte de crise sanitaire, les femmes affirment aussi utiliser moins de maquillage pour préserver leur peau en évitant de la surcharger et pour des considérations d’ordre environnemental. Elles privilégient à cet égard les cosmétiques « bio ». Enfin, cette tendance suit l’évolution de la société : les jeunes femmes notamment s’élèvent de plus en plus contre les diktats relatifs à leur image. 60% des moins de 30 ans déclarent pouvoir aller travailler sans maquillage. On note sans doute ici une différence d’ordre générationnelle puisqu’une femme sur trois (surtout les plus de 65 ans) considère encore qu’une femme non maquillée en public fait preuve de laisser-aller et deux sur trois que le maquillage est impératif sur le lieu de travail.

Mesdames, que vous inspire ce sujet ? Comment envisagez-vous le maquillage ? Festif, destiné à un usage quotidien ? Vous sentez-vous parfois « esclave » de celui-ci ? Votre rapport au maquillage a-t-il évolué au fil du temps ? Messieurs, est-ce un rituel que vous appréciez chez votre compagne ou chez la gent féminine en général ? Vos témoignages nous intéressent !

 

Photo © Adobe – Auteur : Rido

charlotte4575, 12.05.2021

lisa172
1 | 14.05.2021, 15:38

rectificatif du post du début d'AM
Erreur de frappe : une collègue pensait qu'une esthéticienne venait me maquiller le matin avant mon départ
Bon AM

lisa172
1 | 14.05.2021, 13:45

Plaisir de se maquiller !!!
Il fût un temps ( lorsque je travaillais encore)qu'une maquilleuse venait me mettre en beauté avant mon départ qui se situait à peu près une heure avant mon arrivée sur mon lieu de travail ( il m'aurais fallu partir à 6h).Pas envie de faire pareil effort !
Mais je faisais "fissa"et le résultat était impeccable
J'avoue que , dans mon antre j'ai abandonné ce plaisir , tout au moins en partie
Bon AM
DL

AMELIE97
0 | 14.05.2021, 05:12

pLUS ON SENT L'UNIVERS hostile, plus on se maquille ; les dépressions se lisent souvent sur l'excès de maquillage ; c'est vrai aussi que si je n'éprouvais pas le besoin de me maquiller avec des amis ou dans la famille, je remarquais qu'une fois maquillée, et bien les attitudes changeaient légèrement . Dans le milieu professionnel, il ne me serait jamais venu à l'idée d'y aller sans maquillage. Autre chose qui donne aussi le sentiment d'être mieux à l'abri, ce sont les lunettes. Du temps où je n'en avais pas besoin, je me sentais plus sûre de moi quand j'en mettais... et en extérieur les lunettes de soleil sont un protecteur des regards bien plus grand. Je me souviens très bien avoir répondu à un proviseur qui me téléphonait à 7H30 pour me demander exceptionnellement de venir à 8H de lui dire : je ne suis pas prête et je dois me maquillée, je ne serai pas arrivée avant 8H15. Et il ne trouvait rien à redire. Est-ce qu'un homme dans la même situation aurait dit "et je dois me raser", et bien oui, et ça aurait passé aussi bien. Ceci dit j'admire les beautés sans maquillage. Solène est très belle au naturel. Mme Mitterand était très belle au naturel. J'ai eu une belle soeur aussi qui était belle au naturel... Et pour ces femmes, se maquiller ça ne leur va pas forcément.

toujourscurieux
1 | 13.05.2021, 17:26

Donc : @ Onyx 30 confirmerait en MP ce que TJC dit ouertement

Sohalia
3 | 13.05.2021, 14:21

Je ne me maquille pas. Ou si peu...Juste parfois un trait léger sous les yeux.
Pas de fond de teint.
Je trouve pourtant jolis certains maquillages bien réalisés. Comme le dit justement Ebbie: "Un bon maquillage, c'est quand on ne voit pas que l'on est maquillé ! "
Mais il faut pour cela un Art que je ne possède pas.
J'ai toujours préféré le côté naturel.
Car le maquillage à outrance peut se révéler une protection, voire même une addiction.
J'ai une amie qui ne se montre jamais sans maquillage.
Elle avoue elle-même avec humour :" Il ne faut surtout pas me voir le matin au réveil, vous prendriez peur ! "

Dokkaz
3 | 13.05.2021, 11:54

Bonjour à toutes et à tous, bonjour Charlotte,
Je ne me maquille pas, ou très peu (du khôl) je trouve que le maquillage ne me va pas du tout, ça ne m'empêche pas d'admirer un maquillage qui met en valeur sans transformer.
Ma mère, qui était très coquette, désespérait de me voir maquillée.

Xylakpa
5 | 13.05.2021, 11:30

N.B
Certains commentaires font allusion du reste aux perturbateurs endocriniens qui existent, certes, aussi, dans les produits de maquillage...

Alors quand on sait qu'ils sont à peu près partout...

... on peut s'offrir " du plaisir " et...en pleine conscience ! ( clin d'yeux bleus )

....

XYLA

Ebbie2
4 | 13.05.2021, 10:47

Oui je me maquille...mais avec légèreté...
Un bon maquillage....ce quand on voit pas qu'on est maquillé ;)
Les yeux avec subtilité...pour faire ressortir mes beaux yeux bleus .. sourire
Et pas deux trous noirs comme le font certaines...
Toute est dans le dosage

Ebbie

Xylakpa
3 | 13.05.2021, 10:24

Bonjour,

Pour moi : Maquillage..." plaisir " sans aucune hésitation ! ( sourire )

Et même consciente des fameux diktats relatifs à l'image qui se jouent à bien d'autres égards à mon sens, cela ne m'empêche aucunement de me maquiller, depuis mon adolescence d'ailleurs, légèrement, certes. Le maquillage met en valeur les yeux, le sourire, le teint... uniquement si celui-ci est ..." subtile " !

A cet égard, je suis très exigeante et n'utilise à cet égard que des produits de " qualité " : j'en ai d'excellents retours...
( compliments pleins de délicatesse sur, d'une part, mon maquillage et mon " style " en général.

Bonne journée et bonne continuation !

XYLA

toujourscurieux
4 | 13.05.2021, 10:00

Avec ce sujet,nous frolons l'autre "maquillage" à savoir les tatouages; ces abominables viols de la peau-protection Que feront les tatoués quand ils auront pris conscience des risques de toxicité et surtout quand ces délires seront passés de mode ; la tyrannique mode que ces moutons respectent les culpabilisera TJC.

Antoinemichel
7 | 13.05.2021, 09:36

Quand le maquillage se révelle etre tres subtil,il ne fait que rajouter un atout de plus au charme féminin....(l'avis d'un vieux monsieur)

AMELIE97
1 | 13.05.2021, 05:30

Bonjour Charlotte, Ce que m'inspire votre sujet se fonde sur la réponse première de Onyx, le maquillage est une bravade des dangers de provenance tout aussi invisible que notre killer Covid...
Mais quand je pense maquillage, je ne pense pas à cela. Je pense à plaisir de transformation esthétique. Le maquillage est un plus indéniable, les hommes s'y sont mis discrètement mais sûrement : crème matifiante pour la peau, parfum, épilation et teinture des sourcils, mascara, gloss, etc... il suffit de s'adresser à un vendeur esthéticien pour être bien conseillée mesdames et mieux parfois que par une vendeuse esthéticienne qui elle aura tendance à farder et à vous regarder avec un petit brin de moquerie au con de l'oeil vu votre âge... Le maquillage est devenu un art du paraître au point qu'un mari dira à sa femme qui s'apprête à l'accompagner à une soirée dans son naturel "maquille-toi, tu vas pas sortir comme ça"... (ça c'est mon expérience...)
Festif, on lui rajoute des paillettes, mais là on dépasse l'art de maquiller (art du maquignon pour vendre ses bêtes, ne l'oublions pas, en dissimulant par des apprêts leur naturel ou leurs défauts, par exemple en peignant, lustrant, mettant un joli collier, des fleurs aux cornes, etc... comme on fait maintenant pour son toutou... ).
Je ne me sens pas esclave de mon maquillage , je le remarque davantage depuis que nous portons un masque puisque le rouge et le fard ont déteint sur l'envers comme je le vois quand j'enlève celui-ci . Cependant, je continue à me maquiller. L'une des choses qui fait le plus plaisir à ma soeur en Ehpad est que je la maquille, que je lui offre des produits de maquillage de grande marque, que je la coiffe... Elle se sent de nouveau femme libre, et non esclave de son mal paralysant..
Mon rapport au maquillage a évolué avec le temps. Dès que j'ai eu travaillé dans les pays orientaux, j'ai adopté le khôl et je mets du khôl et quand je n'en trouve pas ici, je m'en fais venir de France... Dès que j'ai habité dans des pays de soleil, j'ai cessé le fond de teint coloré qui fait une tête de cire sur un cou blanc . Ma crème solaire qui me tient lieu de fond de teint est une crème colorée "pêche" que l'on ne trouve pas ici (on ne trouve que de la colorée "bronzé" pour masquer les tâches de soleil) et je la fais venir de France, car je trouve que le visage semble plus frais s'il garde sa peau claire alors qu'autrefois en métropole je voulais paraître bronzée.
Sinon, je trouve que le maquillage est ce qui coûte le moins cher : une boîte "tout en un" des grandes marques , un tube de crème solaire teintée durent longtemps. Le maquillage reste une valorisation de soi et une attention pour les autres aussi. Ce qui coûte le plus cher et qui est le plus probant (et de façon invisible au point que l'on vous demande ce que vous utilisez...), c'est la connaissance des bases de soin indispensables avec l'âge, car elles sont assez proches du médicalisé, mais là on entre dans le cosmétique caché sous des noms pharmaceutiques et difficilement trouvables si on n'a pas un dermato esthéticien conciliant. Je ne cherche pas trop à savoir la composition des produits maquillants dévolus au superficiel, mais pour les produits et cosmétiques d'hygiène et de confort j'y fais très attention et je les veux le plus proche du sain et naturel. Certes, il y a contradiction, mais nous en sommes presque toutes là...

onyx30
4 | 13.05.2021, 00:04

Si je vous dévoile ici, la provenance de certains produits de base, j'ai cette certitude que plus personne de la gente féminine n'osera s'enduire le minois avec tous ces produits dont la provenance en surprendrais beaucoup.
Ne voulant affoler personne, si Charlotte le désire, je suis prêt à lui confier mon expérience en MP, et celle ci jugera si cela sera publiable ou pas.