Le bio, un plus pour notre santé ?

Le bio, un plus pour notre santé ?

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Ce titre n’est pas une provocation mais une question sur laquelle se penchent sérieusement des chercheurs et qui nous intéresse presque tous.

 

Que vaut le bio pour notre santé ?

La plupart des consommateurs qui achètent des produits bio pensent que ceux-ci ne nuisent pas à l’environnement. Ils sont sûrs d’obtenir des produits sans pesticides ou produits chimiques et meilleurs pour leur santé que les produits traditionnels. Plus de huit femmes sur dix ont une image positive des produits biologiques, tandis qu’une femme sur deux en consomme régulièrement selon une enquête

De nombreux ouvrages expliquent combien les produits chimiques qui se sont répandus par milliers dans notre alimentation, nos cosmétiques et dans l‘environnement sont nuisibles à notre santé. De fait, beaucoup de consomateurs achètent des produits biologiques pensant donner le meilleur à leur famille; ils se soucient de l’influence de la nourriture sur la santé car le bio serait plus sain. Est-ce vrai ? Selon certains, il semblerait que non. Certains s’opposent au bio parce que de nombreux produits bio doivent parcourir de très longues distances et ont donc un mauvais bilan énergétique ou écologique. Le problème viendrait aussi de la qualité sanitaire des aliments.

 

Les normes définissant le bio sont un bénéfice pour l’environnement  

Elles excluent tout pesticide, fongicide, fertilisant, antibiotique, polymère, etc…La France est le 1er pays européen pour l’utilisation de pesticides avec 78 000 tonnes de produits phytosanitaires répandus dans les champs. Les produits phytosanitaires, qui sont présents dans 2/3 des produits classiques non bio, ne se retrouvent pas dans les produits bio.

L’IFEN, Institut français de l’environnement, confirme l’intérêt de l’agriculture bio alors que plus de 96% des rivières et 61% des nappes d’eau souterraines sont contaminées. Or, comme le souligne l’Afsset, l’agence de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail, les pesticides qui se sont infiltrés vont mettre jusque 30 ans pour s’éliminer des sols !

Une étude de la revue Human Ecology le démontre : 2 morts sur 5 sont ont une cause environnementale. « Le changement climatique semble créer un environnement favorable à certaines maladies et à des vecteurs de maladie. [...] Les facteurs environnementaux, notamment les substances chimiques, l’exposition aux ultraviolets ou à des radiations ionisantes, le tabac et la fumée de cuisson contribuent à 75% de tous les cancers. »

Dans un contexte où les polluants sont partout, y compris dans nos logements et dans notre alimentation, cette étude renforce la nécessité de lutter contre la pollution environnementale. Exemple : l’utilisation de pesticides. On en consomme 3 millions de tonnes par an dans le monde et la France en est un gros consommateur.

Le bio n’est ni pire ni meilleur que l’alimentation traditionnelle ; il offre les mêmes qualités nutritionnelles et parfois même un meilleur goût. Autre manière de le dire :  les normes du bio ne garantissent pas forcément un gain pour la santé.

Cela signifie que l’absence rigoureuse de pesticides et de phytosanitaires, bénéfiques à la nature, n’implique pas par elle-même la qualité sanitaire des aliments. En effet, certaines études, contestées d’ailleurs, montreraient qu’au contraire, les aliments bio seraient beaucoup moins sains que les produits traditionnels ! 

Une étude italienne portant sur 6 catégories d’aliments (biscottes, lait, confitures, yaourts, céréales pour petit déjeuner, biscuits) et une autre étude sur les matières premières (tomates, courgettes, céréales bio) montre qu’elles ne sont pas meilleures que leurs correspondants classiques.

Cette même étude souligne que les produits bio ne sont pas protégés des fléaux de l’alimentation moderne : trop de graisses, de d’additifs, de sel, de sucres… Les graisses souvent faites à partir de palmes ou de coco sont de médiocre qualité et se retrouvent par exemple dans les biscuits bio. Les yaourts bio recèlent eux aussi, et parfois plus que la moyenne, des ingrédients peu naturels : épaississants, colorants, arômes, gélifiants…

 

Le débat sur le bio n’est pas clos  

L’absence de pesticides et de phytosanitaires sur les aliments bio a un prix : le débat tourne autour de la présence ou non des mycotoxines , qui sont habituellement éliminés des aliments non bio par des anti-fongicides chimiques. Un test mené par la grande association de consommateurs italienne Alterconsumo a trouvé un niveau de mycotoxines supérieur à 10 fois les normes autorisées dans des lots de céréales bio.

Mais tout le monde n’est pas d’accord sur ce point : le fait que les aliments bio, non traités, sont plus enclins à développer des mycotoxines est fortement contesté. Un rapport de l’AFSSA souligne au contraire que les fongicides ne sont pas une assurance contre l’apparition de mycotoxines dans un stock de céréales. Le fait que le bio favorise les mycotoxines ne serait donc qu’une rumeur…

Par ailleurs, l’AFSSA note que les risques de contamination par les métaux lourds des produits bio et non bio ne sont pas équivalents. Grâce au fait que l’attribution du label bio impose une période préalable de conversion des terres de 3 ans minimum, et interdit l’épandage de boues de station d’épuration, les métaux lourds seraient moins présents. L’AFSSA conclut que les études disponibles ne permettent pas encore de trancher de façon officielle.

 

 Le bilan de Stanford sur les études portant sur le bio  

En 2012, des chercheurs de l’Université de Stanford ont publié un inventaire des arguments pro ou anti-bio. Ils ont épluché plus de 200 études portant sur les niveaux de nutriments et de produits toxiques ainsi que 17 études cliniques sur les effets du bio sur la santé. Les enseignements de cette étude: Le risque de trouver des résidus de pesticide dans les aliments est inférieur de 30 % en bio par rapport aux aliments conventionnels. Toutefois, les niveaux de pesticides mesurés, même en conventionnel, sont généralement en dessous des limites de sécurité. Le bio ne serait pas plus nutritif que le conventionnel (ou du moins, les preuves sont insuffisantes pour montrer le contraire). En effet, excepté pour le phosphore, les quantités de vitamines, minéraux, ou encore protéines ne différent pas significativement entre les aliments bios et conventionnels.

Conclusion : on ne peut pas aujourd’hui soutenir scientifiquement que le bio est meilleur pour la santé. Pas de quoi remettre en question l’agriculture biologique qui se justifie par un engagement plus large de respecte de la nature  et par un rejet des excès d’une agriculture industrielle polluante  Le débat est donc trés ouvert, d’autant plus que la question est complexe, et que les études épidémiologiques et toxicologiques nécessaires n’ont pas été menées à grande échelle. L’essentiel du danger sanitaire dû à l’alimentation, n’est plus aujourd’hui d’ordre microbiologique ; il est toxicologique. Or, la toxicologie, tout comme l’épidémiologie, sont des domaines où il est complexe d’obtenir des preuves.

 

Conclusion 

Déterminer si le bio est meilleur ou pas est très complexe. Il semble clair qu’acheter bio est un choix environnemental, voire éthique ou politique. Acheter des aliments BIO, et des produits bio en général, permet de ne pas s’exposer aux multiples effets toxiques des milliers de produits chimiques ou non naturels que contiennent les produits modernes industriels ou de synthèse.

En revanche, il ne faut pas justifier un choix du bio par des arguments nutritionnels ou sanitaires. En effet, on ne peut prouver que le bio est plus sain que le non bio – et d’ailleurs, on ne peut pas dire le contraire non plus. Le bio est parfois contesté car il entraîne des rendements qui sont souvent inférieurs à l’agriculture non bio ; ce qui fait douter certains de sa capacité à nourrir la planète dans un contexte de croissance démographique (9 milliards de terriens prévus en 2050).  

En revanche, le bio est souvent produit de manière plus locale et respecte l’environnement et ce n’est pas non plus pour rien que des organismes comme la FAO le plébiscitent à un niveau mondial.  

 

Et vous, que pensez-vous du bio ? Faites nous part de vos opinions et de vos choix.

 

Photo : © Romolo Tavani - Fotolia.com

 

Betty_Nelly, 08.10.2014

oiseaux58
0 | 31.01.2018, 23:00

tu discutes trop la dessus ,j'ai un ami agriculteur dans la nièvre ,y dit que plus bio si tes a coter de un pas bio

camille31
0 | 08.12.2014, 17:45

le cahier des charges du vraiment Bio est tellement complexe, que je pense qu'il est impossible de manger réellement "bio".
mais manger plus naturel, c'est sûr, ce sera mieux.
lorsqu'on regarde les documentaires sur l'alimentation des animaux qui sont vendus en produits bas de gamme, on a peur !
mais que fait-on manger à ceux qui n'ont pas d'argent ?

Poupinette21
0 | 31.10.2014, 23:14

Whouahhhh, voilà qui donne à réfléchir !!!! 
Mais oui, en tout cas, le local, quand on peut, c'est le mieux. 

JOMA1307
0 | 24.10.2014, 19:35

Je suis tout à fait d'accord avec vous Didier. c'est juste vendre du vent et faire plus de fric sur le dos, souvent, des personnes naïves qui croient tout ce qu'on leur dit.et question finance, beaucoup n'ont pas de porte monnaie à rallonge. Nous sommes dans l'ère où le fric domine tout, c'est monstrueux.
Bonne continuation dans vos projets

mimosa13
1 | 08.10.2014, 15:46

Le bio est un très vaste sujet en effet !
Il permet d'avaler moins de pesticides ? c'est toujours ça non ?
On peut aussi manger des produits de saison et cultivés à proximité, cela réduira les transports et les coûts.
Y a-t-il des cultivateurs bio à proximité de la capitale ? où on peut aller directement acheter ou également cueillir ses légumes et fruits ? Quand on n'a pas la chance d'habiter la campagne où l'on peut trouver de bons produits, le choix est difficile ou couteux.
Pouvoir les acheter directement serait meilleur que ce qui est sur les étalages durant des jours et gorgé de produits nocifs.