Fêter son anniversaire… ou pas ?

Fêter son anniversaire… ou pas ?

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Vécu par beaucoup comme un cap naturel vers une année supplémentaire, l’anniversaire de naissance n’est pourtant pas si anodin. Il nous ramène non seulement à notre moi profond mais aussi à notre place dans la société. Depuis quand fête-t-on l’anniversaire de naissance ? Que symbolise-t-il ? Est-il toujours perçu comme un évènement joyeux ? Comment le pimenter pour le rendre particulièrement romantique ? Petit tour d’horizon dans cet article.

 

Célébrer l’anniversaire, une mode récente !

La célébration de l’anniversaire individuel a très tôt été proscrite par l’église catholique car elle était considérée comme une fête païenne et perçue comme un péché d’orgueil. C’est le calendrier liturgique qui a longtemps rythmé le passage du temps, à travers notamment les anniversaires de Jésus-Christ : Nativité et Pâques, et la Fête des Saints symbolisant leur passage vers la vie éternelle. Les anniversaires étaient donc célébrés en fonction des prénoms inscrits sur le calendrier des Saints. Ce n’est qu’à partir des années 1960 que l’anniversaire individuel personnalisé devient populaire, pour suivre le modèle américain d’une part, et dans le cadre de l’avènement de la société de consommation d’autre part.  Aujourd’hui, souhaiter un anniversaire est une évidence et le phénomène a encore pris de l’ampleur au cours des dernières années. On ne compte plus les agences spécialisées dans l’organisation d’anniversaires d’enfants, et on ne peut plus rater aucune date puisque notre réseau social préféré, comme le Club-50 plus :-) se charge de nous envoyer des notifications…

 

 Une symbolique forte

Célébrer un anniversaire est pourtant loin d’être anecdotique et superficiel. Cela nous ramène à nos origines et nous interpelle sur le temps qui passe. A travers ce rituel, c’est à la fois la naissance que l’on fête, l’existence d’une personne, et le fait d’avoir passé une année supplémentaire. C’est un moment narcissique où on est « célébré », et donc souvent au centre des attentions. L’anniversaire permet ainsi de consolider l’estime de soi. Comme le rappelle Abou Gnaba, docteur en anthropologie sociale, l’anniversaire est fortement codifié puisqu’il s’articule autour de trois grands types de rituels : un rite de passage, comme celui vers la majorité ou vers une nouvelle décade (la cinquantaine par exemple) ; un rite d’appartenance : on rassemble à cette occasion notre communauté, et enfin un rite d’intercession symbolisé par les bougies d’anniversaire porteuses de vœux. Si l’anniversaire est aussi peu anodin c’est qu’il nous pousse à l’introspection. On a tendance, surtout en vieillissant, à faire le bilan des années passées, sur le plan professionnel, sentimental, familial… et à nous interroger sur la direction à privilégier dans cette nouvelle étape de vie qui commence.

 

Le syndrome du « Birthday Blues »

Si pour beaucoup l’anniversaire représente un évènement joyeux, certains redoutent l’arrivée de ce jour si particulier. A cause justement des questions existentielles qu’il soulève et qui peuvent générer des émotions négatives, surtout lorsqu’on n’est pas satisfait de son parcours et que la frustration domine. On parle de « Birthday blues » quand la fragilisation psychologique autour de sa date d’anniversaire est forte. La peur de vieillir explique aussi souvent ce malaise, dans une société qui voue un culte à la jeunesse et au sein de laquelle les attentes sociales sont fortes. « Nous avons tendance à fixer des objectifs en fonction de l'âge. Il faut être diplômé à 25 ans, se marier à 30 ans, faire des enfants à 35 ans, avoir progressé professionnellement à 40 ans, etc.»,  explique la psychothérapeute Lucia Montesi. Certains « caps » sont d’ailleurs plus douloureux à passer que d’autres, comme celui du changement de décennie : fêter ses 40 ans pour une femme n’ayant pas comblé son désir de maternité ou les 50 ans en général : on prend alors conscience du temps qui a passé et on s’interroge sur la façon de nourrir de nouveaux projets. Qu’en est-il des 60 / 70 ans et plus ? dont on parle moins, serait-ce des « caps » plus apaisés ? On peut aussi refuser de fêter son anniversaire car on ne se sent pas assez à l’aise pour le faire, soit à cause d’une véritable phobie sociale ou simplement du fait qu’on n’apprécie pas d’être au centre de l’attention. Cet évènement peut aussi engendrer de l’appréhension en cas de déficit de vie sociale.

 

Convivialité et romantisme

L’anniversaire reste toutefois pour beaucoup un évènement joyeux et léger. C’est une journée où l’on prend soin de soi et les autres de nous, et où l’on rassemble les gens qui nous sont chers. Il n’est pas rare de le fêter plusieurs fois : avec sa famille, ses collègues, sa bande de « copains ». C’est l’occasion de créer un moment de convivialité et de plaisir partagé. Et c’est le plaisir des sens qui domine :  décoration soignée, dégustation de vins et mets préparés avec une attention toute particulière, musique, tendresse, etc… On peut aussi décider de se réserver une journée pour soi et de faire uniquement des choses qui nous font plaisir. A contrario, si l’on est en couple, pourquoi ne pas en profiter pour consacrer cette journée à son amoureux (se). En espérant que celui ou celle-ci fasse preuve d’imagination pour nous surprendre en organisant des activités insolites et si possible romantiques, qui nous sortent de notre quotidien ! Voici quelques pistes : Une escapade surprise, vers une destination longtemps « fantasmée » ou insolite (nuit dans une cabane perchée), un pique-nique romantique, une chasse au trésor coquine qui se finira en petites tenues, un restaurant dans le noir (très à la mode), ou toute une nuit sur le « dance floor » !

Quelle importance revêt votre anniversaire ? Le fêtez-vous volontiers ; de quelle manière ? Quelle(s) surprise(s), cadeau(x) ; attention(s) vous ont particulièrement touché(e) ?

Vos témoignages nous intéressent !

 

Photo © Adobe – Auteur : Halfpoint

 

charlotte4575, 09.03.2023