La marinière, pièce incontournable de notre garde-robe

La marinière, pièce incontournable de notre garde-robe

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Qui aurait pensé que ce tricot en jersey de coton rayé blanc et bleu, porté par les matelots à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, connaitrait une telle destinée ?  Emblème du made in France, d’ailleurs arboré fièrement dans ce sens par l’ancien ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg en 2012, la marinière est devenue depuis son lancement par Coco Chanel une pièce maitresse de la garde-robe des femmes mais aussi des hommes. Comment expliquer un tel succès ? Nous reviendrons sur le contexte historique très particulier de sa naissance, sur les grands créateurs de mode et personnalités qui ont fait sa renommée et verrons comment bien la porter.

 

Une pièce empruntée à l’univers naval

La marinière est née d’un décret proclamé en 1858 sous le second Empire de napoléon III. Il impose alors aux marins de la Marine Nationale une sélection de tenues spécifiques, dont le tricot rayé blanc et bleu, réservé aux quartiers-maitres et aux matelots.  Il est à ce moment-là porté comme un sous-vêtement, tout près du corps, sous la vareuse et rentré dans le pantalon à ponts, et a pour but de les protéger du froid. La description du tricot est extrêmement détaillée : « 21 raies blanches larges de 20 mm et 20 ou 21 raies bleues larges de 10 mm ». Pour les manches, qui doivent être trois quart, le tricot doit comporter « 15 raies blanches et 14 ou 15 raies bleues ». 21 raies qui selon la légende, correspondraient aux 21 victoires de Napoléon… Le motif des rayures a surtout été choisi pour des raisons pratiques :  la technique de tissage du jersey spécifique à la marinière produit en effet de telles rayures et cela permettait en plus de réduire le coût élevé de l’utilisation de la couleur bleu indigo. 

 

Le tricot rayé revisité par les plus grands couturiers

C’est Coco Chanel qui la première tombe littéralement sous le charme du tricot rayé, en observant à Deauville, où elle passe beaucoup de temps, les marins locaux. Elle présente alors dans la boutique qu’elle y ouvre des modèles sportswear dont ses premières marinières légères à manches courtes qui connaissent un succès immédiat auprès des « mondaines ». Le lancement de cette pièce devenue culte intervient au début de la première guerre mondiale, période à laquelle justement les femmes recherchent des vêtements confortables. Coco Chanel doit composer avec la pénurie de tissu et taille dans des maillots de garçon d’écurie en jersey, ces tricots de corps pour les soldats. La marinière devient alors un incontournable de la maison Chanel et est régulièrement déclinée au fil de ses collections, notamment pour la fameuse « Croisière ». Yves Saint Laurent retravaillera aussi cette pièce à partir de 1962 en proposant des versions très élégantes, puis Jean Paul Gaultier, qui l’intègre dans sa première collection de prêt-à-porter masculine en 1983. La marinière représente pour le créateur un puissant symbole de séduction qu’il associe à « l’image du mauvais garçon, du tombeur marginal, avec une maîtresse ou un amant dans chaque port. » D’un point de vue stylistique, Gaultier déclare : « J’aime depuis toujours l’aspect graphique, architectural de la rayure. » Le créateur sera d’ailleurs immortalisé en marinière, tout comme Etienne Daho pour la pochette de son album « la notte la notte », par les artistes Pierre & Gilles.

 

Une pièce à la fois symbolique et ludique

Comme le souligne Sylvie David-Rivérieulx, conservatrice au Musée National de la Marine : « le marin c’est l’aventure, c’est l’ailleurs, c’est le large, c’est là où tout le monde ne va pas. C’est quelque chose que l’on envie, que l’on admire. On a envie de porter les valeurs du marin : la liberté et le courage aussi ». Et il en a fallu à la femme du courage pour arborer cette tenue de travail, réservée, à l’origine, aux hommes.  La marinière véhiculerait donc des valeurs d’émancipation. Elle est d’ailleurs devenue une pièce mixte de nos garde-robes, appréciée des femmes comme des hommes et elle s’exporte avec succès depuis plusieurs décennies. On l’appelle Outre-Manche et Outre-Rhin le « breton shirt ». D’autre part, la marinière est une pièce ludique, qui se décline facilement :  l’épaisseur du jersey peut varier, ainsi que la couleur des rayures ou la forme. Certaines, toutes simples, proposent un look casual, tandis que d’autres sont plus chics et travaillées :  rehaussées de sequins ou de broderies, avec des boutons ou un nœud à l’encolure, etc. L’avantage de la marinière c’est qu’elle va avec tout. Un jogging ou un simple jean pour un look sportif, sur un pantalon à pinces et avec des talons au bureau ou encore sous un blazer, voire caban pour renforcer le look marin. Elle peut aussi être associée à des motifs différents : carreaux, fleurs, etc. pour plus d’originalité. Comme l’affirme si justement Jean-Paul Gaultier : « Les pulls marins vont avec tout, ne se démodent pas et ne se démoderont probablement jamais. »

 

Le maillot culte arboré par les stars

De nombreuses personnalités ont contribué à immortaliser le tricot rayé. On peut citer Jean Seberg dans le film « A bout de souffle », Charlotte Gainsbourg dans « l’Effrontée », Elisabeth Taylor dans « Las Vegas, un couple ». Brigitte Bardot et Audrey Hepburn l’ont aussi souvent portée ainsi que Marylin Monroe à qui il est arrivé de troquer sa petite robe blanche légère contre une robe marinière. Quant à Picasso, on trouve des clichés de lui vêtu de différents modèles de marinières. À col, classique, ou à rayures asymétriques.

 

Êtes-vous un(e) incondionnel(le) de la marinière ? Si oui, pourquoi ? Que vous inspire-t-elle et comment la portez-vous ? Vos témoignages nous intéressent !

 

Photo © Adobe – Auteur : Dominique Vernier

charlotte4575, 08.07.2021

Marie93
1 | 11.07.2021, 11:09

Le dernier cadeau de ma fille pour la fête des mères.

J'aime beaucoup les marinières, connaissez vous celle de Claudie Pierlot ? J'adore.

Bon dimanche à vous

AMELIE97
2 | 09.07.2021, 02:50

Bonjour Charlotte, j'ai trouvé cet article très intéressant. Je ne connaissais pas l'histoire de la marinière. Comme tout le monde, je l' ai portée. La première marinière, je l'ai vue sur mon frère qui s'est engagé à 18 ans dans la marine en 1953. J'en ai eu à manches courtes en coton et à manches longues en tricot, pas 78ème car j'ai horreur de ce type de manche. Je ne suis pas une inconditionnelle de la marinière. Il faut rester mince pour que ça aille bien.