Les bienfaits de l’art-thérapie

Les bienfaits de l’art-thérapie

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Lorsque la mélancolie ou le stress nous gagnent, nous sommes nombreux à nous tourner vers notre support artistique de prédilection pour trouver un peu de réconfort... Que ce soit la peinture - voire le coloriage qui connait un succès grandissant - l’écriture, la danse, etc., la création est souvent équilibrante et source d’apaisement. Alors lorsque les souffrances se font plus aiguës, pourquoi ne pas envisager l’art-thérapie, qui permet d’accéder en profondeur à ses émotions et de se révéler ? Découvrons ensemble cette pratique, ses origines, ses principes et à qui elle s’adresse en priorité. 

 

Origines de l’art-thérapie

L’art-thérapie vise à utiliser la création artistique (arts plastiques, théâtre, musique, danse, littérature, etc.) à des fins thérapeutiques. Il trouve ses racines dès l’antiquité grecque, alors qu’Aristote envisageait déjà la tragédie et la musique comme des moyens d’atteindre la catharsis - ou la transformation d’émotions douloureuses en plaisir -  et le délassement. Le pouvoir thérapeutique de l’art a ensuite été mis en exergue par certains peintres de la Renaissance, qui évoquaient son pouvoir curatif. C’est au début du XX siècle que les psychiatres commencent à s’intéresser aux productions de personnes internées dans les hôpitaux. On peut ensuite considérer que l’enseignement de Freud sur la symbolisation a servi de socle au développement de l'art-thérapie. Mais c’est le peintre anglais Adrian Hill, qui le premier utilise ce terme. Tuberculeux et placé en sanatorium, il a alors recours à l’art spontané pendant sa convalescence qui lui permet, au grand étonnement de ses médecins, de se rétablir très vite. En 1950, les premiers programmes de formation en art-thérapie voient le jour aux États-Unis. Il faudra attendre 1986 pour que cette pratique soit reconnue en France par la communauté scientifique lors d’un congrès international.

 

Principes de l’art-thérapie

L’art thérapie accompagne des personnes en difficulté psychologique, physique, sociale ou existentielle à travers leurs créations artistiques. Il leur permet d’exprimer ce qu’il y a au plus profond d’elles-mêmes en utilisant d’autres supports que les mots. Le but de cette pratique n’est nullement la recherche de la performance artistique ou de l’esthétisme. Les patients utilisent d’ailleurs souvent un support qu’ils ne maitrisent pas au départ. L’important dans ce processus thérapeutique est de laisser libre cours à son imagination et non de se focaliser sur le résultat. Le but de l’art thérapie est selon le Dr Jean-Pierre Klein, psychiatre et directeur de l’Inecat (Institut national d’expression, de création, d’art et de thérapie) « de partir, dans le cadre d’un processus créatif, de ses douleurs, de ses violences, de ses contradictions pour en faire le matériau d’un cheminement personnel. Du pire naît ainsi une construction, une production qui tend vers l’art. » L’art thérapie est un processus dans lequel on a recours à notre intuition, imagination et à nos émotions. Que ce soit à travers la peinture, la danse, la sculpture, etc., on crée des formes qui nous renvoient à des images. Celles-ci sont au cœur de la thérapie car elles servent de fil conducteur et que contrairement à la parole, elles laissent des traces. Le rôle du thérapeute est de solliciter la créativité de son patient, de le guider et de favoriser son lâcher-prise.

 

A qui s’adresse cette thérapie ?

 L’art-thérapie est particulièrement préconisé pour les personnes qui peinent à mettre des mots sur leurs souffrances. C’est pour cela qu’il fonctionne particulièrement bien avec les enfants et les adolescents et avec des adultes qui rencontrent des difficultés relationnelles profondes. Il s’adresse aussi aux patients atteints de troubles psychiatriques ou du lien social, aux marginaux, aux toxicomanes, aux personnes souffrant de handicap physique ou mental (on pense ici au mouvement de l’art brut initié par le peintre Dubuffet) ou de maladies type cancer, sida, etc.  Certaines personnes souhaitant simplement faire un travail sur elles-mêmes ou compléter une période de psychothérapie peuvent également être intéressées par cette forme thérapeutique. A noter qu'il est beaucoup pratiqué dans les EHPAD. Il a  particulièrement fait ses preuves auprès de patients souffrant de la maladie d’Alzheimer car il insuffle du lien et de la communication et améliore leurs capacités d'attention. 

L’art-thérapie est une pratique qui permet l’expression et la valorisation de soi, la réduction du stress et de l’anxiété. Elle a également démontré des effets positifs sur le cognitif, suite notamment à une étude menée auprès de seniors participant régulièrement à des séances de théâtre. Elle peut même atténuer la douleur physique. En plus des bienfaits psychologiques, le processus créatif tend en effet à améliorer la condition physique en normalisant la fréquence cardiaque, la pression artérielle et la sécrétion de cortisol.

Avez-vous déjà eu recours à l’art-thérapie ou le pratiquez-vous actuellement ? Ou connaissez-vous des personnes de votre entourage pour qui cette thérapie a été bénéfique ? Si vous ne connaissez pas encore cette thérapie, seriez-vous tenté (e) de franchir le pas ? Si oui, par le biais de quelle discipline ? Vos témoignages nous intéressent !

 

Photo © Adobe – Auteur : Benjavisa Ruangvaree

charlotte4575, 12.11.2020

AMELIE97
0 | 15.11.2020, 03:37

Bjr Astre, oui c'est exact, beaucoup d'influences douteuses dans l'art-thérapie. Souvent un moyen de perdre son temps si la démarche consiste à vouloir travailler un art, des bienfaits certains si on permet au malade d'oublier sa souffrance pendant un certain temps et de le délivrer de ses pensées qui tournent en rond. Mais hélas, oui, des terrains où l'imprégnation mentale de la thérapeute est loin d'être saine et délivrante . Bien au contraire souvent elle-même aliénée dans quelque croyance fort à la mode de notre temps, et ça foisonne.

astres58
1 | 14.11.2020, 09:19

bonjour

j ai voulu bénéficier de l art thérapie , pour m aider à passer un cap et surtout pour accepter la maladie , et je m étais imaginer aller vers les arts , genre peinture etc, danse , ou théatre

je fus un peu désabusée , cela s est transformée en thérapie de groupe, et aprés le cours fut abandonné car pas assez de participants , faut dire que vu les horaires , c était déja pas gagné d 'avance,

je penses que beaucoup se désigne comme art thérapeute et ne le sont pas , c'était pourtant supervisé par l ARS! attetnion aux charlatans , souvent se sont des sectes par derriére,

AMELIE97
2 | 13.11.2020, 03:45

Bjr, J'ai fait connaissance avec "l'art-thérapie" en maison de convalescence, il y a une dizaine d'années (poterie, compositions florales, danse N.I.M [= now I am] et batterie, discussion sur une oeuvre picturale, sans compter celui que je m'étais créée : diseuse de contes, régulièrement après le déjeuner pour nous éviter la sieste). En fait je m'étais remplie ma semaine ainsi car j'étais pas du tout versée sur les sports qu'on nous proposait (sauf la gym douce), et la rééducation de ma motricité, je me la suis faite de moi-même ensuite, par la piscine et la mer. Mais ce terme qui était à la mode à ce moment-là l'est encore aujourd'hui bien plus puisqu'il aboutit à la profession d'art thérapeute. Bien avant, on parlait depuis à vrai dire que je m'intéressais à caser ma fille quand je travaillais, de loisirs créatifs (dans les centres aérés) ou de cours artistique (danse, dessin, etc...). Donc tout ça n'est pas nouveau.
"Se vider la tête " est à mon sens une expression vide de sens. Bien au contraire, nous sommes très concentrés au point d'être absorbés, douleurs et âme, dans ce que nous faisons et totalement, au point que lorsque je dansais, je ne me demandais pas du tout si je dansais bien. Or, je suis un pied en danse, j'ai tenté ces dernières années de prendre des cours que j'ai payés pour rien et que j'ai abandonnés pas honte (car je devenais regardante de mes maladresses) qui ne m'ont pas apporté cette libération jouissante de se sentir être vivante et remuante à loisir - il est vrai que c'était du Mickaël Jackson dont chacun/e faisait ce qu'il voulait d'autant qu'on dansait sur un sol-tapis où on pouvait se casser la gueule et se rouler par terre à souhait.
Je pense que le yoga est en quelque sorte de l'art-thérapie quand nous arrivons à n'être que l'expression corporelle harmonieuse de notre respiration et de notre souplesse. Mais toute expression du corps qui devient délivrance de notre pesanteur devient art (dans le sens de co-naissance).
Sans passer par le mot chic et moderne de art-thérapie, nous sommes tous et toutes , depuis l'origine du monde nos propres arts-thérapeutes, pour peu que nous ayons le temps et les moyens de nous consacrer à un loisir créatif, qu'il soit art du corps, de notre capacité physique, de notre habileté, de notre ingéniosité, de notre persévérance aussi.
Personnellement, j'ai jeté assez rapidement tout ce que j'ai fait en poterie ou en compositions florales pendant mon temps de convalescence ; j'ai jeté aussi dans le désarroi notre maître de critique d'art car évidemment j'avais plus d'expérience que lui, je ne suis pas retournée à la batterie (trop bruyant et c'était juste par curiosité). Demeure en moi le désir de danser comme nous le faisions. Ah Michaël Jackson, que je te regrette, mais voilà, chez moi le sol n'est pas rembourré et j'ai pas du tout envie de me risquer une fracture du col du fémur. De plus j'ai pas tellement la place et les voisins risqueraient de téléphoner à la police... Quant au reste, poterie, composition florale, je le faisais bien mieux quand j'avais une maison (pour l'espace) et que je ne le faisais pas en temps limité... car le défaut de tout art-thérapie au départ, c'est d'être un cours , une durée limitée d'enseignement. Et ça , ça ne va pas du tout avec la notion d'art. C'est juste bon pour le départ vers sa propre exploration patiente, et l'imploration finale : est-ce beau, comment mieux faire, est-ce ce que je désirais, est-ce ce qui va toucher ....

Mysweetlord
2 | 12.11.2020, 19:13

Charlotte , à travers son article nous ouvre une parenthèse sur l'avenir positif de chacun d'entre nous par la pratique de l'art - thérapie . Justement , la période actuelle nous apporte une grande souffrance physique , morale , professionnelle , familiale , sociale etc .... C'est le moment de préconiser un plaisir , un loisir , une passion sereine afin de se vider la tête . Par exemple " la musique adoucit les mœurs " . Tous les sports sont excellents et il ne faut jamais chercher totalement à s'isoler . En ce moment , les magasins de bricolage font le plein . La vie est un combat et il ne faut jamais baisser les bras et se dévaloriser . On doit toujours s'exprimer auprès de son entourage et ne pas connaître la solitude sous toutes ses formes . Pour moi , c'est une forme de sophrologie de la tête . Bon courage et bonne santé à tous car nous en avons tous énormément besoin !

chayonne
3 | 12.11.2020, 18:28

Voilà un très beau sujet Charlotte !...merci.
Et bien plus important qu'il n'y parait, parce qu'il touche tout le monde.
Les enfants sont épatants.
Fréquemment quand ils ne savent pas s'exprimer avec des mots, ils le font avec des dessins.
On peut y retrouver leurs joies, leurs peines, leurs tourments, leurs rêves ou leurs cauchemars.
Cela les aide et guide les professionnels de santé qui ont ces enfants comme patients...
...et dans les ailes hospitalières qui leur sont réservées nous voyons de plus en plus souvent sur les murs de grandes peintures très colorées, naïves, à leur portée.
Les enfants se retrouvent dans ces dessins qui sont d'ailleurs généralement les leurs ou ceux d'autres enfants.

Pour eux (et pour les adultes) des ateliers sont aménagés dans les différents établissements de soin.
Pour des moments de véritables évasions artistiques, ce sont sculpture, dessin, peinture, découpe aux ciseaux, créations et décorations d'objets, pate à modeler...

L'enfant se libère, se parle, s'interroge et nous parle !

...et les Directeurs d'hôpitaux l'ont bien compris, eux qui désormais ouvrent leurs portes aux visiteurs extérieurs comme les clowns, les chanteurs, les musiciens, les danseurs, le cirque !

J'ai eu souvent affaire à ces enfants : bon sang...tout ce qu'ils pouvaient exprimer avec un crayon !
...j'en ai encore les larmes aux yeux !