Quand la vie de couple bascule

Quand la vie de couple bascule

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En amour, on s’engage « pour le meilleur et pour le pire », mais en espérant toujours le meilleur... Car rien ne prépare un couple à certains évènements, à un mauvais coup du destin, telle que la maladie. Effectivement, quand un partenaire est victime d’une maladie avec toutes les conséquences qui s’ensuivent, il est difficile de réagir et de trouver les bonnes actions pour « gérer » la situation. Certains couples n’y parviennent pas et se séparent. D’autres au contraire, se rapprochent. Comment gérer la situation ? Comment devient-on du jour au lendemain l’« aidant » et quelles contraintes émergent alors ? Nous évoquerons en fin d’article quelques histoires vécues.

 

Gérer ce bouleversement

Cela vous tombe dessus comme un couperet : d’un jour à l’autre votre quotidien bascule. Séquelles suite à un accident, maladie grave etc. Il faut s’adapter à une nouvelle vie, s’organiser différemment, et veiller plus qu’avant à privilégier une bonne communication. Le partenaire touché par la maladie ne doit pas chercher à trop protéger l’autre en lui cachant ses émotions et doit savoir parfois lui exposer ses limites. C’est souvent dans ces moments compliqués où la maladie survient que la plupart des personnes prennent conscience du degré d’amour de leur moitié, du dévouement dont elle est capable, ou bien au contraire, réalisent que cette dernière est dépassée par les évènements et ne peut malheureusement pas assumer un tel changement, une telle responsabilité. Lorsque par amour le conjoint accepte cette nouvelle vie, il devient alors comme un conseiller, un assistant de vie, vous soutient de diverses manières et tente de vous changer les idées. Outre la souffrance physique, le moral joue un rôle primordial dans le traitement de la maladie, que ce soit pour le malade comme pour l’aidant. Accepter les hauts et les bas, continuer à voir l’avenir ensemble, avoir des projets, avancer…

 

Quand le partenaire devient l’aidant

En cas de dépendance, dans 85% des cas, c’est le conjoint ou un enfant qui s’occupe de la personne malade. Il endosse alors le rôle d’ « aidant  familial »: il apporte son aide pour les activités de la vie quotidienne (gestion des déplacements, des repas, de la toilette, du ménage…) ou pour les démarches administratives diverses mais est aussi un soutien moral et parfois financier. Pour les aidants encore en activité, l’investissement en temps devient d’autant plus important qu’il s ‘ajoute à la charge professionnelle, familiale, personnelle et sociale. Le droit français distingue différents statuts pour l'aidant d'une personne dépendante. Tantôt celui-ci est un salarié et bénéficie de la sécurité sociale, de l’assurance vieillesse, congés payés etc., tantôt il est bénévole, parfois encore il est indemnisé.  Ces différences tiennent au type d'aide perçue par la personne en situation de handicap, ainsi qu'au lien d'alliance ou de parenté existant entre cette personne et son aidant. Une bonne nouvelle officialisée la semaine dernière : le congé spécifique de trois mois pour les aidants soutenant un proche en situation de dépendance sera indemnisé à hauteur de 40 euros net / jour à partir de 2020 et pourra compter dans le calcul des retraites.

 

Investissement personnel de l’aidant

La conciliation vie familiale / vie professionnelle peut s’avérer difficile (manque de temps, stress, fatigue). Cela peut avoir des conséquences  comme des absences au travail  (arrêt maladie, congés sans solde, temps partiel…). Heureusement, des aménagements peuvent être mis en place. Pour les aidants seniors,  c’est un épuisement et une sensation de « culpabilité » qui peut s’installer. Car le rôle d’aidant familial représente un investissement personnel considérable qui peut s’avérer lourd et venir malheureusement altérer les relations conjugales. « Il n'y a rien de moins naturel qu'être l'aidant naturel de son conjoint », explique Christina Cabral, oncologue. «Devenir soignant de son conjoint, c'est changer complètement la dynamique dans le couple : la relation devient trop symbiotique, quasiment maternelle, donc malsaine». Parce que le conjoint en santé joue tous les rôles à la fois : soignant, gestionnaire de maison, des enfants etc. Par ailleurs, les aidants ressentent une certaine culpabilité, parfois celle d'être en santé alors que leur conjoint souffre… La culpabilité de pouvoir s'éclipser pour aller à un cours de yoga, prendre un café avec un(e) ami(e), faire une sieste… « Il est pourtant indispensable que le conjoint en santé prennent soin de lui, car son fardeau est parfois aussi lourd à porter que celui du malade », confirme Christina Cabral. Partager le quotidien, c'est le privilège du couple, mais dans une telle situation, pas facile de trouver un équilibre, un espace juste pour les deux, tout à l'écart de la maladie.

 

Lorsque la maladie rapproche le couple

Je connais un couple de + de 65 ans qui, après avoir vécu ensemble pendant environ 40 ans et eu 3 enfants, a pris la décision de se séparer. Ils ont vécu chacun de leur côté pendant quelques années, tout en maintenant une relation amicale.  Etonnement, ces deux personnes sont tombées assez gravement malades à la même période. Elles se sont alors entre-aidées, rapprochées,  et sont redevenues un couple pour le grand bonheur de leurs enfants ;-)

Autre exemple, triste certes, mais une belle histoire d’amour : je connaissais un couple dont la femme est décédée à la suite d’un cancer foudroyant. Plusieurs mois après, le mari, ne supportant pas l’absence de sa moitié, a décidé de mettre fin à ses jours pour aller la rejoindre et s’unir à jamais à l’amour de sa vie…

 

 

Êtes-vous dans cette situation, ou connaissez-vous des couples dans cette situation ? Merci pour vos témoignages.

 

 

 

Photo © Adobe – Auteur : Saiyood

Betty_Nelly, 17.10.2019

Betty_Nelly
1 | 23.10.2019, 14:44

Merci pour tous vos témoignages !
@Biloum : oui c'est vrai, c'est un sujet triste. Mais c'est la vie et elle n'est pas toujours rose...

Riobresil1956
1 | 23.10.2019, 08:12

Et que dire de ceux qui se retrouvent seuls devant la maladie et s'en vont isolés, abandonnés de tous ? Heureux ceux qui peuvent être aidés ou accompagnés moralement et physiquement par un proche ou une connaissance vers cette triste issue...!
Riobresil1956

AMELIE97
2 | 18.10.2019, 07:57

Sujet au cœur et aux tripes... Car ce que je vois et ai vécu c.est que l.aidant tombe malade aussi . L.un s.en sort par deuil ou divorce et s, envisage revivre dans un autre amour par inconscience...mais sans avoir les garde fous du mariage Qu.advient il de ces couples vieillissants qui délivrés du poids précédent ne songent qu à la préservation de leur individualité ... souvent d.apparence puisque le patrimoine, la procuration , les dons d.argent appartiennent déjà aux enfants qui se frottent les mains de ce marionnettistme jeuniste à deux dont ils pourront couper les fils quand il y n.y aura plus que les structures de vie pour conduire à sa fin leur parent ?
Je me rends compte qu.il y a plus de solidarité, plus de confiance, plus de générosité entre mon mari malade et moi qui ai obtenu le divorce de guerre lasse qu.avec le rescapé du veuvage qui compte sur mon restant de vitalité tout en préservant en priorité absolue les intérêts de ses enfants. J.en suis là de mon constat rapide. Je me suis rendue compte aussi que, moi, dans ma situation saine de préservation personnelle de mes biens et de générosité choisie, j'étais la proie de mes descendantes , un jouet sensible qu.elles pouvaient user par une sorte d.esprit et de revendications de revanche et de pouvoir ... assez conforme à l esprit du temps qui fait des vieillards une industrie de ressources tout a fait encouragée par les pouvoirs en place.
Je dépasse ou outrepasse le sujet ? Peut-être Une chose est sûre. Nous sommes attachés au vital qui nous a attachés par des liens voulus à l.origine indissolubles et nous en sommes imprégnés , valorisés , consentants au fond de nous-mêmes et de façon durable Voilà le sens profond des témoignages que je lis après votre article, Betty. On ne s.invente pas au quatrième âge refaire un parcours du combattant quand nous n.avons que des armes de musée.

Joyce44
6 | 18.10.2019, 00:27

Bonsoir,
Pendant une année j'ai été aidante auprès de mon mari, alors que nous avions tout pour passer une retraite heureuse.
18 mois après mon départ en retraite on nous annoncé un cancer des bronches, inopérable, 6 mois de chimio, puis 4 mois de radiothérapie, et comme plus rien ne faisait effet, on lui a annoncé que l'on arrêtait tout. Le dire à la personne malade, je n'ai jamais pardonné à l'oncologue.
Il a baissé les bras, et ne voulait que moi à ses côtés et les enfants.
C'était très lourd il fallait tout faire pour lui, je ne regrette rien, mais ce sont des moments d'angoisse, car malgré l'oxygène qu'il avait continuellement, il étouffait avec des pertes de connaissance. Un an après que la maladie se soit déclarée il m'a quitté.
Huit années après c'est sur moi que c'est tombé, un autre cancer, car on a le choix...... 18 mois de chimio, 2 interventions chirurgicales, et j'ai dû combattre seule.......... Aujourd'hui je suis en rémission, mais avec l'épée de Damoclès au-dessus de la tête.
Et c'est pour cela, comme il en a été question dans un autre Blog, que j'ai besoin de PLAISIRS QUI SONT PARFOIS DU LUXE, je veux profiter de tout ce que la vie peut m’offrir, car la santé n'est plus ce qu'elle était, elle n'est donc plus pour moi un luxe.

Bonne soiré

belinda59
4 | 17.10.2019, 21:39

bonsoir Betty, ce sujet m'intéresse beaucoup car c'est la vie que je mène actuellement,
je suis aidant familial de mon mari, canal lombaire retreci sur plusieurs vertebres du bas de la colonne qui lui fait tres mal, il marche avec une canne, maintenant ses deux bras et poignets touchés par l'arthrose, il ne peut plus rien faire, oui c'est tres dur d'etre aidant familial, n'ayant pas d'enfants, on passe beaucoup de temps aux soins quotidiens, et toute la vie quotidienne repose sur l'aidant, c'est vrai que c'est pratiquement maternel, mon mari n'accepte pas son handicap, mais nous nous épaulons, c'est vrai qu'on se culpabilise pour les sorties, heureusement il y a la relation virtuelle qui nous aide beaucoup, apres 27 ans de mariage, nous arrivons encore a faire des projets, je ne regrette rien ,

marie93
9 | 17.10.2019, 19:23

Il avait 28 ans,j'en avait 22.Deux enfants de trois et 1an. Nous avons eu une vie spéciale, mais remplie,plus remplie que d'autres couples, nous vivions comme si c'était le dernier. Avec tous les aléas que cela comporte, il faut savoir être en effet, accompagnant, j'ai toujours refusé d'être infirmière, malgré les pressions du corps médical. Et nous trouvons une énergie que nous ne soupçonnons pas.
Il est parti quand il l'a décidé et pour la dernière fois je l'ai accompagné.
Aujourd'hui, je ne regrette rien. Et continue ma vie, une dernière chose, j'ai maintenant peur de la maladie pour mes proches.

biloum
10 | 17.10.2019, 19:18

Bonsoir Betty !

Pardonnez moi d'être aussi franche mais qu'il est triste votre sujet.
Que rajouter de plus après votre introduction !
Bouleversement, épuisement, culpabilité, résignation. C'est sûrement un mélange de tout ça que ressentent ou ont ressenti tous les aidants qui ont traversé une telle épreuve.......C'est exactement ce que mon père ressent depuis près d'un mois.

Dévasté ? Il l'est mais le mot est faible.......Rejoindre ma mère, est devenu son leit motiv. Difficile de le rassurer. 66 ans, c'est le nombre d'années qu'ils ont partagé l'un à côté de l'autre. Les mots, n'ont pas toujours un pouvoir magique ou suffisant! Mais il faut continuer à les dire .........

Bonne soirée.