Bonjour, un forum plein de souvenirs émouvants, qui me donnent envie de participer.

Montauban, c'est là que j'ai passé les deux plus belles années de mon enfance. Le jour de mes 10 ans, cela faisait environ un an que je vivais là. C'est là que j'ai trouvé mes premiers copains et copines et que j'ai eu ma première amie, Pierrette, et que mon petit cœur encore enfant battait plus vite lorsque je voyais Bernard, mon voisin du dessous.
Nous étions installés dans la cité Chambord, bloc N. L'appartement n'était pas très grand, mais Maman l'avait décoré avec tant de goût. Maman aussi semblait s'y plaire. J'avais bien eu droit à quelques vexations, mais elle ne me battait plus.
Je fréquentais l'école Linon et Mme Fraysse, merveilleuse institutrice, a su m'encourager et me donner confiance en moi.

Je venais d'un patelin de l'Isère, la campagne, j'adorais, mais enfant timide et solitaire, je passais pour une autiste, avec les moqueries et la mise à l'écart que cela entraîne.

A Montauban, je me suis épanouie. Pourquoi n'y sommes-nous pas restés ? Quelques mois plus tard, nous déménagions pour la région lyonnaise. Ce fut pur moi un déchirement, suivi d'une grosse déprime. Je ne me suis plus jamais sentie chez moi.

Il y a environ quatre ans, via Internet, j'ai retrouvé Pierrette et j'ai pu la joindre au téléphone. J'ai reconnu sa voix qui n'avait pas changée. Elle m'a dit souffrir depuis quelques années d'une dépression nerveuse. Nous avons évoqué nos souvenirs. Je l'ai rappelée deux ou trois fois, mais elle a systématiquement refusé de me reparler. Je peux concevoir que sa maladie la rongeait de l'intérieur et je ne lui en veux pas. Mais je sais que j'ai perdu un point d'ancrage auquel je tenais.
Le titre de ce forum m’a fait travailler ma mémoire pour essayer de me rappeler mes dix ans. Tous mes souvenirs, je les situe à Nîmes car on ne partait jamais en vacances.

On a tous, je pense, des flashs qui nous situe une période.

J’ai pour ma part, quelques images associées à mes dix ans
  • La mort de JFK, même si je n’avais pas encore tout à fait l’âge du sujet...
    Moi juchée sur un mur attendant que ma mère rentre du boulot pour lui prendre les cabas, la voix de la propriétaire du « mur» qui crie à l'attention de son mari « Jules on vient de dire à la radio que Kennedy a été assassiné »
    • L’arrivée pour la première fois en Bultaco de ma tante Luisa et de mon oncle Gines. Ils étaient venus en moto de Barcelone et avait transporté leur « amour » dans les sacoches. Mon oncle conduisait couché sur des paquets attachés sur le réservoir pour pouvoir atteindre le guidon de la moto. Derrière perchée sur un autre paquet de bagages, dépassait une folle furieuse qui hurlait « Mario !!! Dios mio Mario !!! » c’était Luisa ma tante :D.
        Ma tante Montserrat tenait par la taille mon père et mon oncle Manolo et leur disait entre rires et larmes en espagnol « c’est bien elle !!! c’est bien elle » ... Ça faisait plus de trente ans qu’ils ne s’étaient pas vus.
        • Le départ de mon frère en internat au lycée agricole de Rodilhan (moins de 20kms de la maison). Nous n’avions pas de voiture, le voisin avait prêté sa voiture à mes parents pour l’occasion. J’ai eu l’impression qu’il partait à l’autre bout du monde ... mais bon il ne partait pas si loin :) et tous les vendredis soir on était à l’arrêt de bus à l’attendre pour lui porter son sac de linge sale
          • Un jeudi matin glacial, lors la « visite » avec mes potes d’un wagon de train déposé dans un champ voisin, nous avons découverts des cartes postales représentant des photos de dames en petites tenues. Nous n’avons rien trouvé de mieux que d’aller les accrocher avec des pinces à linge sur la cordes d’étendage de la « dame du catéchisme » ... puis nous sommes allés nous planquer dans les roseaux à attendre la sortie du catéchisme on a été récompensé en voyant Mme Hassmann gesticuler pour faire partir les gamins de là à grand renfort de hurlements tout en essayant d’enlever rapidement les photos ...
            Moins drôle le soir même quand elle s’est pointée chez tous les parents des petits mécréants qui n’allaient pas au catéchisme ... Dès le début de l’explication du motif de sa venue, mon père lui a coupé la parole en rétorquant « Mon fils est interne à Rodilhan » ... La dame est repartie en s’excusant ... Aussitôt la porte refermée, mon père s’est tourné vers moi et m’a dit « TOI ! tu ne sortiras plus le jeudi matin » ... Ouf !!! j’avais évité la ceinture ... mais je l’ai détesté les années à venir car je n’ai plus pu mettre le pied dehors le jeudi matin ...
            • La visite d’Isabelle, la fille d’une cousine germaine à ma mère. Elle était plus vieille que nous, c’était une « demoiselle ». J’étais sous le charme, je la trouvais très belle.
                Un jour que nous allions en forêts avec les copains elle a décrété que non seulement elle venait avec nous, mais qu’en plus c’est elle qui pédalerait et moi je voyagerais sur le porte bagage et porterais le sac du goûter ... Au moment de partir elle est arrivée habillée dans le style « B.B. », sa mère lui a dit que ce n’était pas approprié à la balade... Elle a haussé les épaules et a rétorqué qu’elle n’y comprenait décidément rien et nous voilà partis. Dix minutes plus tard grand maximum, en plein effort, elle a perdu le contrôle de son corps ... et a lâché un pet bruyant et malodorant qui m’a fait sauter du vélo...
                Conséquence, elle s’est cassée la figure du vélo pour atterrir jupe sur la tête dans les ronces du bord du sentier. Une fois notre crise de fou rire passée, Il a fallu que l’on s’y mette à plusieurs pour l’extirper de sa prison épineuse. Pour moi, elle a perdu son aura ce jour là et pour elle, s’en a été fini de sortir avec notre bande de sauvages ^^
              A 10 ans , je suis devenue Rennaise !

              Je suis née pour raison de guerre chez ma grand'mère dans un petit village de la baie du Mont-Saint- Michel, côté Breton ( j'y tiens) et cela jusqu'à la libération, mais notre chez nous était à Laval , Papa militaire de carrière y avait sa garnison, il a demandé à être nommé à Rennes et donc nous y avons été parachutés , mais pas trop, toute notre famille était Rennaise ...et j'étais heureuse d'y retrouver mes cousins qui eux aussi était chez grand'mère durant la guerre ; plus que des frères pour moi que je n'ai pas eu.

              Nos parents ont acheté un appartement " place du Parlement de Bretagne " à cette époque personne ne voulait acheter ce type de logement , ce n'était pas trop cher .... mais encore beaucoup trop pour nous qui étions fauchés comme les blés!

              Maman a dû aider à faire bouillir la marmite et pour cela elle a trouvé un travail comme gouvernante chez un jésuite très érudit et grand musicien ...titulaire des grandes orges de Saint- Germain ( de Rennes ) et enseignant dans le collège le plus réputé de la ville , il habitait en ville , et très rapidement j'ai été chez lui comme chez moi, il m' a prise sous son aile , j'étais une enfant curieuse et précoce donc j'ai très vite appris avec lui qui était enchanté d'avoir une élève qui imprimait "bien"lui si sévère au collège avec les garçons parce que c'était dans ce temps-là les gars et les filles à part !

              Il n' était pas pédophile ( je précise) il ne m'a jamais obligée à suivre le dogme de sa religion ... et pour cause il savait bien que je n'aurais rien gobé de tout cela ...maintenant je sais que les jésuites érudits ne croient pas au dogme qu'ils sont censés enseigner !

              Par ailleurs il y avait aussi la pharmacienne de la place du Palais (autre nom de la place du Parlement de Bretagne..avant ! ) qui avait une belle pharmacie antique elle était "vieille Demoiselle" elle m'a bien initiée dans la découverte des plantes principalement , qui est comme vous le savez une de mes grandes passions , j'aurais aimé être pharmacienne , elle avait proposé à mes parents de m'aider..mais eux bien trop fiers.. pfff !

              j'allais amorcer quelques années plus tard mon adolescence et ma vie de jeune adulte bien armée pour cela ! reconnaissance éternelle à mes parents, à mes amours de cousins qui avaient au moins dix de plus que moi et qui me protégeaient de " tout " et aussi aux deux personnes que j'ai citées plus haut
              Merci pour ces beaux témoignages...mêmes les plus difficiles....

              Moi, je ne dirai rien de mon enfance que je m'efforce d'occulter et je crois que j'y suis arrivée....du moins en apparence....

              Bon dimanche à tous !
              ...

              “Le rire est une bouée de sauvetage”
              Michel Serrault

              ... une certaine pudeur, mais point "d'oubli" ...

              Image
              Elle a été proche de mon lieu de vie durant plus de 10 ans.
              De cette image on aperçoit le toit de la ferme de mes parents ( toit de la demeure)
              Nous avons , tous les jeunes de mon âge et les plus anciens des souvenirs de garnements ...............Ouverte tout le temps , ceux ci ont bien changés , les habitants allaient rentrer les croix en perles , les ressortir le matin .
              Un jeune homme , une vingtaine d'années, allait sonner les cloches , pour faire accourir le garde champêtre , et cela ne ratait pas une fois!
              La volée de moineaux s'envolait , avant son arrivée ..........
              Jamais aucunes dégradations n'a eu lieu ................
              Autour de cette église , les tombes des membres de ma famille sont en grande partie alignées et proches , j'y retourne souvent
              Cela se passait dans un village de 260 habitants , en Picardie , il a grandi et fait 600 habitants désormais , un village auquel un hameau était attenant , situé à 4 kms de la ville ou j'ai fait mes études secondaires
              J'ai été la première du canton au CEP, fierté de ma famille , maman a cédé , et je suis rentrée directement en 5 ème , sans faire de 6 ème , mais que de manques en géométrie !, l'anglais n'a pas posé de problèmes ...
              La culture générale m'avait été donnée très tôt par mon arrière grand mère , et devais me servir dans mon avenir ,reçue au Brevet Elémentaire ( le BEPC ) était passé , je n'osais pas dire que j'étais reçue , deux années de lycée , une copie perdue ( on ne râlait pas en c temps là ), je décidais de travailler , le reste est une autre histoire .....................
              DL
              Les pièces jointes ne sont visibles que par les membres du Club-50plus.
              ASTER73 a écrit : Merci pour ces beaux témoignages...mêmes les plus difficiles....

              Moi, je ne dirai rien de mon enfance que je m'efforce d'occulter et je crois que j'y suis arrivée....du moins en apparence....

              Bon dimanche à tous !



              Ce beau sujet de forum m'a donné envie d'écrire.

              1959 - J'ai 10 ans et c'est la venue au monde de ma petite soeur, échouée comme moi par malchance dans ce foyer parce que non désirée.

              Elle est née de parents qui se haïssent. Je la regarde, la trouve jolie et si fragile que je l'aime déjà. N'empêche, à cause d'elle nous devrons nous serrer davantage ; je sens bien que dormir à 4 dans la même chambre si tumultueuse ne sera pas facile.
              Mon père fait les 3/8 à l'usine, ma mère se réconforte avec ses copines toutes aussi désoeuvrées.
              Je descends les poubelles dans la cour le soir, pas très rassurée car il y a.. des souris.
              A l'école primaire de ce quartier populaire parisien de Ménilmontant - il parait que c'est "branché" à présent - je respire davantage. Il y a 2 cours de récré filles/garçons distinctes. A la fin de l'année, j'ai toujours le "Prix d'Honneur" ou le "Prix d'excellence" souvent assorti du "Prix de camaraderie" mais personne chez moi ne vient assister à la fête/récompense.
              Les parents de mes copines sont présents.
              Une chance, le soir je lis en cachette mes bouquins scolaires sous les draps aidée d'une pile électrique. J'ai l'oreille en alerte car ma mère me dit souvent que seuls les fainéants prennent le temps de lire..
              S'il nous avait été proposé dans ce forum de raconter nos 15 ans, je n'aurais pas osé participer.
              La pauvreté s'accepte et se supporte, les manques d'attention et d'amour, non.
              Je pensais avoir presque oublié.
              Un témoignage émouvant ...

              merci Luna ...:-)
              Merci pour vos témoignages, merci à ceux et celles qui ont pris le temps de repenser cette période de leur vie et de nous en faire part.
              Très sensible à ce que je viens de lire...Ouf...Ouf


              À 10 ans, j' étais une enfant menue et très fragile..gâtée par mes parents et mes frères et soeurs .
              ...j' étais une petite nature...rire
              Nous étions une fratrie de 6 enfants.
              Nos parents étaient sévères mais débordants d'amour.
              Nous venions de rentrer en France et l adaptation était difficile pour eux italiens obligés de quitter la Tunisie et pour nous les enfants qui devions rattraper beaucoup de retard scolaire, nous étions studieux ...Une chance....

              Un moins bon souvenir....Tous ses vaccins, véritable torture pour être accepter à l école...
              Que des pleurs et des cris ! Ça faisait si mal.

              Je me rappelle des retrouvailles du dimanche avec les oncles , tantes, cousins , cousines et les amis de mes parents ...Tous rentrés en France à la même période...Et tous au alentour de Montpellier.
              La tenue du dimanche était inévitablement de rigueur..
              Les filles une belle robe et coiffure disciplinée..
              Les garçons une cravate élastique et un pantalon qui arrivait à la cheville.
              Divertissement et convivialité était de mise...Et les années passèrent.....
              《Ce n' était pas la même vie !》
              c' était des moments de pur bonheur.....qui continue aujourd'hui...

              bises
              Candice34
              Je découvre aussi ce forum et je constate que cela permet un "éclairage" sur la personnalité de certains à travers ces souvenirs qui sont pour beaucoup d'une précision qui m'épate !!
              Car je n'ai que des "flashes" de mon enfance
              et mes dix ans ?? cela correspond à la fin de mon statut de benjamine avec l'arrivée d'un petit frère dont je me souviens qu'il pleurait beaucoup, beaucoup et que ses pleurs attisaient les miens, chagrinée que j'étais de constater que personne ne le consolait !!
              Je me souviens que je lisais beaucoup, que je me racontais beaucoup d'histoires, mon imagination étant sans limites !! Enfant plutôt solitaire, je pense que je me construisais ainsi mon petit monde à moi, féérique et plein de l'amour que je ne vivais pas.
              çà m'a permis de grandir comme spectatrice de cette vie d'enfant en attendant de vivre enfin la vie dont je rêvais, le soir, en suçant mon pouce.
              Lorsque j'avais 10 ans comme tous j'allais à l'école, je mangeais, je dormais, je jouais avec mes copains et copines et je lisais 1 livre tous les soirs
              Bonne soirée les amis :) :) :D
              bjr à tous
              J'ai eu une enfance heureuse, mes parents ont toujours fait en sorte qu'on manque de rien..c'était plus facile à cette période .
              A 10 ans je venais d'arriver dans le sud .on est arrivé en plein été. C'était le paradis...une maison en bord de la méditerranée, plage privée... des voisins super sympa et des enfants de mon âge ...petit hameau près de banyuls sur mer ..
              On parlait parisien avec un accent tchi, personne nous comprenait et on n'aimait pas les légumes du sud ..on nous a invité à une cargolade ..on n'a pas aimé je faisais semblant de manger et je jetais la coquille d'escargot pleine dans la cagette dessous la table. ..

              Tout le monde avait un jardin potager donc j'aidais mon père et le jardinier ..miam les fraises les fruits qu'on connaissait peu dans le Nord ...
              Toute ma famille débarquait tous les étés ...ça attire la méditerranée ..on faisait du bateau..on a même essuyé des sacrés coups de tramontane ...
              Je faisais aussi des bêtises ..il faut bien ..j'allais avec mes voisins dans l'usine désaffectée (elle avait sauté 50 ans avant)..tout était rouillé dans les bâtiments et nous on jouait à cache cache au milieu ...Une fois je suis tombée et je me fais une énorme plaie ..mes copains ont été cherché une brouette pour me transporter et on a mentis ...mais on s'est quand même fait engueulé car le petite fille du voisin a tout répété !!! on lui a pardonné ...du coup fallait truander pour y aller par la suite !!
              En juillet ou en Août on partait en Bretagne mon père emmenait la bateau posé sur une remorque ..on mettait deux jours à y aller (pause à Bordeaux ) il n'y avait pas l'autoroute ...
              La Bretagne c'était notre 2ième paradis; la pêche à pied la plage le vélo les balades à pied la fête avec la famille rythmaient nos journées...
              Les retours étaient moins durs car on pouvait encore profiter de la mer..
              Je pouvais pas aller à l'école du hameau car pas de place pour moi donc j'allais à Port Vendres et le soir dès que je rentrais je filais à l'école du hameau ..et je continuais ma journée ..
              Voilà des bribes de ma vie à 10 ans !!!
              a dix ans,mes parents n'étant pas trop aisé ,je revais souvent en pleurant des choses que aujourd'hui je peux m'offrir ,,,
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